Jean-Christophe Renault est un pianiste sublime, un compositeur hors norme, passeur de lumières et de grâce. Ni jazzman, ni musicien façon world music, il rapporte de ses voyages aux quatre coins de la planète des sons et des émotions.
A 43 ans, il est une sorte de Keith Jarret tendance Robinson Crusoé. Un pianiste sublime qui, loin du brouhaha médiatique, savoure le bonheur de la vie rustique. Un compositeur hors normes retiré du temps, qui traque le son perdu et les champignons sauvages. Le génie des arts par excellence. Cet ancien comparse de Jacques Pelzer et de Jefski compose, décompose et recompose des musiques contemporaines à vous couper le souffle. Entre Eric Satie, quelques fantaisies primitives et des airs venus de l'Est. Des musiques suspendues, d'une clarté magnifique, qui vous transportent et vous exhortent

« Entre Fleur de lys et fleur d'oranger »
« Renault sur le Fil »
En première partie, le pianiste belge, Jean-Christophe Renault évoquait au
cours de sa prestation en solo ses émotions de voyage. Entre mélodies russes,
pièces évoquant Satie (très présent en cette soirée) et marche funèbre, entre
toucher évanescent et flux de notes cristallines, le pianiste évolue sur le
fil, entre funambule et somnambule, pour une musique oµ chaque respiration,
chaque silence prend du sens et mérite l'attention..

Il n'est pas sûr que ce pianiste hors piste se reconnaisse complètement dans la catégorie jazz. Mais sa liberté d'esprit, présidant a une création au climat d'automne et d'hiver, en fait un parent proche. Son art singulier procure l'apaisement sans recourir aux facilités new age.

Inutile de chercher Jean-Christophe Renault dans le hit-parade, les soirées
mondaines ou les clubs enfumés de jazz car c'est dans sa maison d'Exbomont,
au fin fond des Ardennes que le pianiste belge vit la majeure partie du temps.
Et c'est "at home" qu'il vient d'enregistrer "Là est la question" son dernier
album.
Des compositions personnelles interprétées en solo au piano, quelques micros
disséminés dans la pièce. Pas d'artifices. Rien que du son naturel. A l'image
du compositeur. Ermite, artiste dénué de toutes contraintes médiatiques ou
tout simplement homme libre, Jean-Christophe Renault est un mélodiste hors-pairs
et sa musique tranche -peut-être par ce léger décalage- des compositions habituelles.
Ni tout à fait jazz et pas uniquement world-music; la musique de ce superbe
album n'est pas facile à classifier . Erik Satie, Keith Jarret,
les mélodies de "la leçon de Piano" de Jane Campion sont probablement les références
et les sources d'inspiration de Jean-Christophe Renault, quand ce ne sont pas
des sonorités rapportées de ses voyages aux quatre coins du monde.
Un disque d'ambiance feutrée, un pianiste qui raconte des histoires et des
tranches de vie. Une douceur tout en accord avec l'harmonie des conditions
d'enregistrement. Intimiste et beau à la fois. Un album que vous prendrez très
vite en mains après quelques minutes d'écoute, pressé de le découvrir, heureux
de le posséder. Pour retrouver cette atmosphère d'un soir au coin du feu dans
une ferme des Ardennes.

Jean-Christophe Renault exerce une autre virtuosité : l'art du piano solo. Dans le paysage musical de la Communauté française de Belgique, Jean-Christophe Renault occupe une place résolument à part. C'est que ce pianiste de jazz ne craint pas de se frotter à d'autres musiques. Et dans ses compositions passent fréquemment des accents qui vous renvoient à un certain impressionnisme français : du côté de Debussy ou de Satie. Il n'était pas rare non plus que les images qui naissent sous ses doigts se télescopent en d'étonnantes rencontres qui, l'espace d'une impro, feraient briller le soleil brésilien dans les brumes ardennaises.

Il est des musiques qui reposent, d'autres qui imposent ou même qui opposent. Celle de Jean-Christophe Renault propose. Comme un paysage propose ses courbes au regard du voyageur. Comme les saisons proposent leurs lumières à ceux qui aiment observer leur cycle récurent. A vous de voir, à vous d'entendre ces courbes et ces lumières dans la musique du pianiste de chez nous, une musique qui s'égrène comme un paysage ou comme la succession calme des saisons. Sans démonstration ni virtuosité inutile, Jean Christophe Renault raconte en musique des souvenirs, des impressions, des cheminements entre ici et ailleurs, entre musiques et cultures, entre influences et hommages. Comme un catalogue de petites choses qu'il aime et qu'il ne peut traduire qu en musique. Un homme discret nous parle soudain le langage qui est le sien et mérite plus d'une écoute. Un piano qui va sano.

Het lijken wel gouden tijden voor liefhebbers van lyrische muziek gebracht
door solopianisten. Na de opmerkelijke dubbel-cd van Charles Loos et Fred Wilbo
(Carbon 7) en de verrassende Solo Piano van Gonzales (No Format) is er nu deze
van Jean-Christophe Renault. Net als vernoemde schijfjes zou je kunnen zeggen
dat ook Là Est La Question totaal buiten het kader van jazz valt alhoewel een
plaat als Keith Jarretts The Köln Concert wel onder die noemer geplaatst wordt.
Let wel, zover willen we de vergelijking hier niet drijven maar Renault aanpak
zit zeker in het verlengde ervan.
Zijn poëtische fantasieën worden uitvergroot via een subtiel toucher en heel
veel plaats voor open ruimte in de improvisaties. Net als fotograaf Gustave
Le Gray die in zijn marines de vluchtigheid van het licht telkens tracht te
strikken, is klank hier ondenkbaar zonder stilte. Voor de haast pastorale passages
heeft Renault duidelijk naar Grieg geluisterd (Bohemian Groove!) maar we zijn
er eveneens van overtuigd dat hij ook platen van Satie in zijn collectie heeft
en dat er een nummer tussen zit met de titel Haïku Pour John Cage zegt ook
al genoeg. Voor de specialisten vermelden we nog dat Renault hier speelt op
een quart-queue Förster uit de jaren dertig. Uit de hoestekst blijkt bovendien
dat hij een liefhebber is van single malt, say no more.
